Loin des traditions du « Grand Tour » et des voyages de formation en Méditerranée, c’est la trentaine passée que Friedrich Nietzsche, professeur de philologie antique à Bâle devenu philosophe et apatride, a découvert l’Italie. En quête d’hivers doux et secs, favorables à sa santé fragile et à ses travaux d’écriture, il a vécu avec bonheur dans plusieurs villes italiennes. De 1876 à 1888, il y passe environ la moitié de l’année : à Sorrente près de Naples, puis à Gênes et à Turin, mais aussi à Nice – qui venait d’être rattachée à la France en 1860. Il a souvent séjourné à Venise, et lors de voyages plus éphémères, à Rome et à Messine.
Mais s’il n’était pas un touriste, que venait chercher Nietzsche en Italie, et qu’y a-t-il découvert ? Quel rôle ses expériences italiennes ont-elles joué dans ses réflexions sur l’Europe et les Européens, ou encore sur le corps, la musique, la politique, ou les rapports entre la culture, l’art et la vie ?
Par-delà l’intérêt biographique et historique de ces questions, Nietzsche a trouvé, dans les villes qu’il a habitées, des conditions de vie et de pensée qui ont nourri et renouvelé sa pensée philosophique, comme le montrent à la fois sa correspondance et d’importants passages de ses ouvrages publiés.
Par Olivier Gaudin
Maître de conférences à l’école de la nature et du paysage (Insa CVL - 3 rue de la chocolaterie - 41034 Blois cedex France) et chercheur au laboratoire Cresson (umr architectures, ambiances, urbanités), HAL, Cairn, Academia.
- à voir : les cahiers de l’école de blois (disponibles en librairie : diffusion FMSH).
- à voir aussi : éditions Créaphis, revue métropolitiques, revue Pragmata. dernier ouvrage paru : Écologie humaine, une science sociale des milieux de vie .

